Bonjour, que pensent-ils de la « montée en puissance » du
manga dans le monde ?
Apprécient-ils les mangas ?
Cette concurrence leur fait elle peur ?
Peuvent-ils se passer de couleur pour les dessins, par
rapport aux mangas qui sont en noir et blanc ?
Pour (tenter de) répondre aux questions de tibo, je pense que cela fait déjà un moment que le phénomène manga a été digéré par les éditeurs et auteurs dits traditionnels. Glénat, le plus grand groupe BD européen est aussi devenu le plus grand éditeur manga. Il sort chez Dargaud de plus en plus d'albums en couleurs au dessin très influencé par le style nippon et son label Kana sort parallèlement d'excellentes traductions de mangas, manhwas et manhuas. Chez Casterman, Frédéric Boilet (le plus japonais des auteurs franco-belges) dirige les excellentes collections mangas et manhwa Sakka et Hanguk. Jean-David Morvan, le plus prolifique scénariste actuel est un nipponophile de première bourre. Les Humanos ont créé Shogun etc.
La "peur du manga" appartient déjà au passé et je crois qu'il faut prendre le phénomène du côté positif. C'est comme pour tout, il y a à boire et à manger, du médiocre, du banal mais aussi plein de titres formidables et des influences croisées passionnantes (car de nombreux auteurs asiatiques sont eux aussi très marqués par les comics et l'école franco-belge). Les lecteurs amateurs qui y restent indifférents (et c'est parfaitement leur droit) n'ont pas de craintes à avoir puisque la BD non-manga se porte très bien elle aussi.
Il y a deux générations, Lob, Gotlib, Moebius etc. sont nés de leur découverte des comics underground américains et le journal "Pilote" n'aurait pas existé si Goscinny n'avait pas été fortement marqué par son séjour aux USA et sa rencontre avec Harvey Kurtzman...