Partager l'article ! Moby Dick à la sauce Goncourt: C'est le grand retour du cachalot, de ce fantôme blanc qui hanta des millions de lecteurs de M ...
C'est le grand retour du cachalot, de ce fantôme blanc qui hanta des millions de lecteurs de Melville qui au fil des pages de Moby Dick comprirent que la destinée d'Achab n'était pas tout à fait comme les autres.
Moby Dick revient donc nous hanter sous la plume de Jean Rouaud (Prix goncourt 1990) et la peinture (oui oui peinture) de Denis Deprez. L'album édité chez Casterman est splendide et vous emportera dans des univers ou transpirent les ports du 19ème siècle, les marins ivres jusqu'à la lie, les aventures dolles et inavouables, bref la grande aventure.
Ma plume n'étant pas celle d'un goncourt, je vous laisse le plaisir de lire le pitch de l'album signé par Jean Rouaud:
Moby Dick, avant de raconter la lutte à mort entre un vieux capitaine névrosé et un cachalot blanc sur lequel il reporte toute sa rage et à qui il fait porter le poids du mal, c’est dÌabord l’histoire d’un jeune homme qui rêve de vivre la grande aventure de la chasse à la baleine, laquelle ne durait jamais moins de trois ans quand on en revenait. Moby Dick, c’est d’abord, comme Don Quichotte, l’histoire d’une passion, qui va se révéler dévorante. C’est aussi un roman d’apprentissage où tous les signes sont interprétés dans le sens d’une malédiction programmée.
Du roman de Melville nous avons choisi (Denis Deprez et moi) de conserver ce désir du héros de ne pas se détourner de son rêve, et son regard de témoin sur la folie qui gangrène le coeur et l’esprit d’un homme prêt à tout sacrifier pour satisfaire son obsession. Mais ce n’est plus Ismahel qui raconte, c’est nous qui le suivons dans ses découvertes et rencontres successives : New Bedford, ses auberges de baleiniers, Nantuckett, Quiequeg, ce curieux harponneur tatoué venu des îles qui va brouiller ses repères de puritain de la côte est, le Péquod, ce rafiot en bout de course sur lequel ils choisissent mystérieusement d’embarquer, Achab qui en vrai star se fait attendre jusqu’à la moitié de l’ouvrage et enfin tout en haut de l’affiche, plus star encore, l’éclatante blancheur de Moby Dick, dont nous savons maintenant qu’elle n’est plus l’apanage des anges.” – Jean Rouaud.
Vous avez vu les planches, vous avez lu le pitch de Jean Rouaud, je peux vous dire que j'ai reçu les auteurs en plateau (vous les découvrirez début mai), c'était passionnant, je pense que Moby Dick marquera la Bd comme une oeuvre essentielle.
Moby Dick c'est aussi le symbole superbe d'un neuvième art qui ose tout, qui ose la littérature mais pas n'importe comment, qui ose la littérature revisitée, qui ose un dessin totalement à part, envoûtant, enivrant...
Bonne lecture ...