Partager l'article ! BD et architecture, une exposition exceptionnelle au Palais de Chaillot !: On ne s'en rend pas toujours compte, mais ...
On ne s'en rend pas toujours compte, mais la bande-dessinée est l'un des lieux de référence de la création
liée à l'architecture, aux plans, aux immeubles, aux perspectives.... certains auteurs comme Schuiten, Moebius, Bilal, Eisner ont su rapidement faire transparaître leur affection pour le décor,
pour la ville...mais beaucoup d'autres sont plus discrets et pourtant ! Une exposition exceptionnelle rend hommage à ces bâtisseurs de papier, l’exposition « Archi & BD » présente au Palais
de Chaillot les relations intimes et nécessaires qu'entretiennent les auteurs avec l'architecture."
Une articulation fondatrice
Dès le début du XXe siècle avec des auteurs comme Winsor McCay (Little Nemo), George McManus (La famille Illico), Frank O. King (Gasoline Alley) ou Alain Saint-Ogan (Zig et Puce), la bande
dessinée explore la ville, fascinée par le monde naissant qu’elle symbolise.
Cette thématique, non seulement de la ville, mais des éléments immédiats qui s’y rattachent comme l’architecture, l’urbanisme, le design, l’Histoire ou la politique, est devenue le terrain idéal
de descriptions esthétiques et de réflexions sur le monde contemporain avec des auteurs comme François Schuiten, Benoît Peeters, Enki Bilal, Moebius…
L’exposition abordera, sans volonté d’exhaustivité, les représentations de la ville dans la bande dessinée.
Le propos sera chronologique, des années 1900 à nos jours avec une présentation, en fin d’exposition, de projets particuliers : la ville imaginaire de Villemolle des Requins Marteaux, le musée
Hergé, la Maison de Verre, une commande de Jean Nouvel à des auteurs de bande
dessinée.
Cette chronologie sera ponctuée par des références aux métropoles. New-York, Paris et Tokyo seront observées à travers le prisme d’auteurs, comme Will Eisner, Jack Kirby, David Mazzuchelli, Riad
Sattouf pour New York ; Blutch, Tardi, Dupuy-Berberian pour Paris ; Jiro Taniguchi, Osamu Tezuka, Toiyo Matsumoto, Maoki Urasawa pour Tokyo. Cette dimension internationale sera confirmée par la
présence d’auteurs chinois et coréens.
L’exposition suggérera également les filiations ou affinités entre auteurs de différentes générations, à l’instar de la « ligne claire » de la fin des années 1970 (Joost Swarte, Ted Benoit,
Floc’h…) qui fit référence aux grands maîtres belges de la bande dessinée des années 1950-1960 : André Franquin, Maurice Tilleux, Will…
Une grande diversité d’oeuvre et d’auteurs dans une scénographie inédite
L’exposition « Archi & BD » offrira au plus large public une vision de la densité artistique et culturelle de la bande dessinée sur un siècle de création. La scénographie, signée par l'agence
Projectiles et inédite dans sa proposition de mise en lumière et en espace, valorisera les oeuvres présentées.
Au total 150 auteurs internationaux et 350 oeuvres contribuent à cette exposition qui veut également proposer un éclairage sur la période actuelle où la bande dessinée franchit de nouvelles
frontières en matière de création, avec des auteurs de bande dessinée proches de l’art contemporain, comme Jochen Gerner, Ilan Manouach, Dominique Goblet, Thierry Van Hasselt, Christopher
Hittinger.
Fictions urbaines et représentations de l’architecture
Cette exposition consiste en un dialogue entre l’architecture et la bande dessinéeDes maquettes, des esquisses, des projets ou des réalisations de villes, bâtiments publics ou villas, des utopies
dessinées par les plus grands architectes rappelleront cette familiarité d’imaginaires.
En contrepoint des planches des auteurs de BD, où la ville est l’héroïne, le travail des architectes fait apparaître des influences issues du 9e art… Cet angle de l’exposition met de fait
l’accent sur le mode de représentation de l’architecture et de la ville, et sa tentative d’exploration d’un univers connexe dessiné, depuis les années 1910 (Sant’Elia) jusqu’à aujourd’hui (BIG,
Herzog et De Meuron, Andrés Jaque…), en passant par les années 1970 (Archigram, Coop Himmelblau, Jean
Balladur…).
Autant de visions de la ville, révélant un appétit de prospective et l’envie d’explorer de nouveaux modes de vie. À Londres, à Vienne, comme à Madrid ou Paris, c’est une invitation au voyage dans
l’invention de fictions urbaines et l’écriture des scénarios métropolitains les plus fantastiques.
Afin que cette rencontre entre l’architecture et la bande dessinée soit pertinente, la Cité a souhaité confier le propos de l’exposition à Jean-Marc Thévenet, directeur du festival international de la bande dessinée d’Angoulême de 1998 à 2006, et à Francis Rambert, directeur de l’Institut français d’architecture.
Une exposition qu'il faut absolument découvrir et que vous verrez aussi dans votre émission dès la rentrée de septembre !