Partager l'article ! Corbeyran signe une bd indispensable au nom des femmes !: Eric Corbeyran et Gwangjo au dessin m'ont bouleversé avec leur album au tit ...
Eric Corbeyran et Gwangjo au dessin m'ont bouleversé avec leur album au titre étrange: "Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'ordinateur" aux éditions Dargaud. Depuis plusieurs jours, j'avais en tête cette histoire tellement touchante, à la construction intelligente et au final formidable d'émotions. L'histoire est simple: Louis est un écrivain moyen, la page blanche est sa compagne la plus fidèle, il ère ici ou là porté par le souffle des saisons. Par le plus grand des hasards la vie va lui sourire, il découvre le carnet intime de Léa, une voisine de son immeuble. De ce carnet il va écrire un roman, il va devenir célèbre, riche, sans doute heureux, mais en rentrant dans la vie de Léa, qu'avait-il fait ? Ce qui est passionnant c'est en tout premier lieu la construction du personnage principal, l'écrivain Louis. Eric Corbeyran nous livre un homme comme tellement d'autres, au carrefour de ses 40 ans, en quête de vérité sur ce qu'il est, ce qu'il a été, ce qu'il aimerait être. Louis a divorcé deux fois, il a divorcé de la vie tout court d'ailleurs, il ère, il ère sans cesse jusqu'à la découverte du carnet intime de Léa. En écrivant son histoire on découvre donc celle de Léa, femme au foyer mais sans espoir fixe, sa déchéance de femme seule se conjugue au fur et à mesure des jours qui passe. A une époque on évoquait la "Sarcellite", toutes ses femmes seules dans des immeubles attendant leur mari, leur beau mari qui faisait vivre le foyer mais pas forcément le coeur de leur femme. On suit donc en parallèle la nouvelle vie de Louis, écrivain qui retrouve l'inspiration et la lumière des lendemains et celle de Léa qui s'enfonce peu à peu dans les tranchées de l'obscurité. J'arréterai là le développement de mon article, Eric Corbeyran nous livre une fin à cet album que je ne peux écrire ici. Je dirai juste que cet album est un hymne aux femmes, à leur liberté et au respect qu'on leur doit au quotidien. A noter le travail magnifique du dessinateur Gwangjo qui nous livre une prestation de haute volée, ses crayons sont aussi discrets que précis, l'émotion est omniprésente, ce livre est superbe.