Partager l'article ! Des résistants, des soldats allemands et le fils d'Hitler à la sauce bande-dessinée.: Trois ouvrages et trois façons d'aborder la ...
Trois ouvrages et trois façons d'aborder la seconde guerre mondiale. La bande-dessinée ne se refuse rien et à l'heure ou l'on célèbre les 70 ans de l'appel du Général de Gaulle, la jeune génération d'auteurs de bd raconte et réinvente ce conflit si loin et pourtant si proche de nous.
Résistances est la série la plus classique, nous sommes ici dans l'encrage cinématographique pure et dur, de l'émotion, de l'aventure, des héros et des salauds.
Le pitch: 14 juin 1940. Les Allemands occupent Paris et les autochtones fuient par milliers. Parmi eux, Louis, jeune homme débonnaire, est tout à fait disposé à offrir la ballade à Sonia, une jeune Juive communiste peu pressée de rencontrer les nouveaux dirigeants. En revanche, Louis se serait bien passé d'André, le fiancé de Sonia, idéaliste convaincu. Ce dernier ne résistera pas à l'appel du Général de Gaulle et laissera Sonia repartir pour Paris où sa lutte prendra un tour inattendu.
Ce premier tome est plutôt convaincant, il souffre un peu d'un canevas classique et déjà vu mais la mise en scène graphique et scénaristique raviront ceux qui aiment la belle aventure. On attend la suite avec impatience.
Avec Rue des chiens marins, toujours aux éditions du Lombard, on passe la vitesse supérieure quant à l'approche de la seconde guerre mondiale et du traditionnel couplet héros et salauds !.
Michel Constant nous invite à embarquer à bord d'un U-Boot, fleuron de la Kriegsmarine. Sous l'eau, il ne se passe jamais rien de nouveau: les torpilles, les cadavres et les vannes lourdes des collègues. Alors, pour éviter de sombrer, à chaque remontée en surface, Josef discute avec son confident, un phoque placide mais loquace. Il lui raconte son enfance, ses frères, les promenades dans les bois et les yeux d'Emma, la plus jolie fille de la rue des Chiens Marins. Et, à bien y réfléchir, tout ça n'est guère plus absurde que le conflit sanglant qui sévit tout autour...
Humour omniprésent, lignes historiques décalées, on s'attache à ce Josef et à son caractère totalement loufoque, la guerre fait rire, la guerre est joyeusement affreuse, Michel Constant réussi le tour de passe passe pourtant souvent délicat d'évoquer des soldats allemands autrement que par la haine. Cet album est une très belle réussite, un regard neuf qui dépoussière l'image que l'on peut avoir de la guerre même 70 ans après.
Ce dernier ouvrage aux éditions Glénat est le plus décalé et il fallait oser. Sans dialogue, sans texte, Pieter de Poortere décomplexe la vision que l'on peut avoir du nazisme comme la fait avec génie Charlie Chaplin dans le Dictateur, qu'il est bon de se foutre de la gueule d'Adolf et de sa petite moustache !. Les lecteurs de "Ferraille" connaissent déjà Dickie, cet anti-héros moustachu, à tête de Playmobil, qui se balade avec ses gros sabots dans toutes les époques de l’Histoire. Voici qu’en 1944, Hitler, en mal de descendance, découvre que le seul fils naturel qu’il ait eu est Dickie… Recherché par le Furher qui sent sa chute venir, et par les Alliés qui veulent l’éliminer, la vie du pauvre Dickie se complique singulièrement…
Ca grince à tous les étages, sans retenue ni complexe, cette bd est une bouffée d'air frais à la sauce flamande.